Thème - Politique

En conséquent,   le thème principal de notre  réflexion pourrait être réduit au  sujet suivant : Est-ce que ce sont les idées qui changent le cours de histoire ou ce sont des événements qui suscitent des idées qui elles provoquent les changements ? Le débat risque d’être intense et s’étendre sur d’ interminables pages avec une pléthore d’exemples et de contre-exemples historiques. Somme toute ce sera chercher si la poule précède l’œuf ou c’est l’œuf qui précède la poule. 

Si l’on convient que la planète fut pratiquement calme depuis de longues années et  tout dernièrement à part quelques soubresauts inévitables par ci par à, la crise syrienne changea la donne. Certes la première impulsion fut donnée par les attentats du onze septembre 2001 aux USA. On pourrait passer des heures pour essayer de comprendre la fameuse phrase de Condoleeza Rice ouu elle mentionna le terme «  constructive chaos ». Oubliez les fioles ridicules que brandit Colin Powell pour justifier l’invasion de l’Iraq. Mettez de coté le fait que le savoir-faire militaire de  Daesh  est essentiellement du au officiers Irakiens chassés par Paul Brenner le gouverneur américain de l’Iraq après l’invasion de ce pays et par la suite sacqué par son propre gouvernement suite à cette erreur monumentale que de demanteler l’armée iraquienne. Négligez le fait que Bashar Assad créa Daesh pour se faire valoir comme défenseur de l’arabité laïque contre les Islamistes.  Je fais mention de ce phénomène dans ma fiction intitulé LE GUERISSEUR où un groupe de sénateurs américains décidèrent de créer un «  vilain » juste pour justifier leurs guerres et alimenter leur gros budgets de défense . 

   

Le fait est que la crise syrienne créa une nouvelle dynamique quasi mondiale : Le terrorisme islamiste. Cette vague heurta un monde nimbé dans la «  political correctness » mentionné plus haut et probablement mettra fin à ce phénomène. Huit ans de règne démocrate dont auraient pu se lasser les américains , les immenses bévues d’Obama au niveau national et international,   une  armée de  politiciens chevronnés dans les rangs des républicains, autant d’ingrédients de réussite pour ce parti conservateur  : l’électeur américain n’ a rien voulu entendre et néanmoins vota pour Donald  Trump et Trump fut. Même si les medias, détracteurs déterminés de ce président flamboyant , poils et faits, lui firent tout dernièrement le procès des cent jours où selon eux ils ne réalisa aucune de ses promesses électorales , le fait est que Donald Trump bombarda la Syrie d’Asaad une semaine après avoir déclaré que le départ du président syrien ne figurait pas dans ses priorités . Il  lança la plus grande bombe utilisée depuis la seconde guerre mondiale contre les Talibans,  cousins germains de Daesh,  et de  ce fait et en bon business man, optimisa son investissement . Il transmit ainsi et sans équivoque aux tandems Russe, Iranien , Syrien, Nord-Coréen le message suivant : Je suis aux commandes et Obama a quitté la scène. Sauf que et précisément , cette poigne de fer tout azimut,   tout comme ces voltes faces,  donnent l’impression que Donald Trump est réellement volatile et éventuellement dangereux , ce qui est grave quand on sait la capacité  militaire de son pays : un éléphant dans une galerie de cristalleries.  Le bombardement de l'aéroport militaire de Chayrat en Syrie a déjà été perçu comme un feu vert par les Israéliens pour relancer un conflit avec le Hezbollah tant que ce groupe est écartelé  sur la carte régionale et donc éventuellement vulnérabilisé. Cette donne pourrait remettre le Liban dans le centre de la tourmente. 

La même vague heurta la France et fit que Marine Le Pen soit arrivée au coude à coude avec Macron pour le deuxième tour en France. Qu’elle soit élue ou pas est moins important que les conséquences de cet enthousiasme qui a amené l’extrême droite à ce stade. La victoire d’un deux camps ne sera due qu’à des alliances de dernière minute  en vue d’endiguer l’élection de l’adversaire.  Comme nous l’avions souligné par ailleurs la France est sérieusement divisée, et cette division la rend encore plus vulnérable. Comme la cohabitation dans ce cas est quasi impossible,  ni l’un ni l’autre ne pourra régner en espérant que le chaos  ne règne pas. Mis à part la division interne, la victoire de Madame le Pen pourrait faire deux boules de neige partout ailleurs. La première serait l’arrivée au pouvoir d’autres extrémistes dans d’autres pays. La seconde était le démantèlement de l’Europe puisque Le Pen semble vouloir en retirer son pays en cas d’accession au pouvoir. La France en tant que membre fondateur, pourrait faire des émules. 

 

A signaler ici que l’objectif de cette réflexion est nullement d’explorer les scenarii envisageables mais tout simplement souligner qu’un changement du paysage du monde occidental est en gestation.  

Nous avions écrit suite à l’attentat contre Charlie Hebdo ce qui suit :

 Attentat/Charlie Hebdo/ Montrouge 

Ceci dit,  l’attentat contre Charlie-Hebdo ne vise pas du tout la liberté d’expression en France  comme la réaction publique l’a faussement souligné. Charlie-Hebdo est simplement un objectif spectaculaire et juteux strictement destiné à  engendrer la déferlante médiatique que nous témoignons (La grande médiatisation  est le but habituellement recherché par les attentats terroristes et non les dégâts ). Il fait simplement  partie d’une série d’autres attentats  à prévoir ( qui seront certainement de nature différente mais dans un même but ) et qui viseront les pays de la coalition contre ISIS…  

L’objectif  ultime de ces attentats serait  la déstabilisation politique de ces pays,  suivant  le processus suivant : Attentat spectaculaire qui générerait une réaction policière et militaire musclée (ainsi que populaire), sans discernement,  contre la communauté mahométane  qui se  sentira  de facto persécutée et par conséquent réagira favorablement à l’islamisme , y  créera  un environnement favorable et pourrait même se défendre  au cas échéant. En somme, une réminiscence de l’Agit-prop. 

 …A noter ici que la majorité écrasante des islamistes détenant un passeport européen ont rejoint ISIS pour se venger des conditions de vie défavorables qu’ils avaient subi dans leurs pays d’accueil ….

…Assurer la sécurité des territoires nationaux   tout en évitant  des débordements  sécuritaires massifs sera un grand défi particulièrement difficile pour la France qui a une grande population mahométane, ainsi que la Grande Bretagne avec ses nombreux pakistanais ou l’Allemagne avec sa grande communauté turque dans un temps suivant. 

…Il est évident que les exécutants qui bénéficièrent certainement d’un entrainement militaire mais sans aucun entrainement opérationnel ou professionnel pour ce genre d’action, ne sont pas au courant des objectifs  réels des commanditaires  (qui firent jouer la fibre de l’extrémisme pour les pousser ainsi  à l’exécution).

Pour terminer je reprends ici les termes de l’ anthropologue Arjun Appadurai dans sa toute récente interview à Europe 1 : «  "The fatigue of democracy", cela renvoie à notre démocratie libérale, qui est fatiguée, mais aussi au peuple, lassé d'elle. La traduction en français laisse malheureusement de côté la réversibilité de l'expression.

" Pour le dire avec les mots de tous les jours, les gens en ont marre de la démocratie". 

 

Jean-Marie Kassab

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale,  la planète traversa une  période de stabilité relative entrecoupée de quelques guerres  courtes  mais localisées,  quoiqu’ intenses et meurtrières, de nombreuses crises  larvées, et surtout la guerre froide qui précisément fut directement ou indirectement la cause de ces crises. Ce calme s’accentua par la force des choses lorsque le conflit latent entre l’est et l’ouest s’éteignit. C’est précisément cette date butoir qui lança le concept de la «  political correctness »  difficile à traduire littéralement en français. Bien qu’à la base ce concept remonte aux années trente, et fut  promu par des ténors comme Marcuse et autres philosophes et sociologues issus d’un milieu gauchisant, il ne prit son essor que lorsque les mouvements  libéraux accédèrent au pouvoir précisément à cause de cette plénitude relative qui rend les peuples moins soucieux de faire la guéguerre et s’élèvent en termes d’humanisme et de de tolérance. 

Beau à voir comme concept  que la correction, mais comme tous les beaux concepts, ils sont souvent difficiles à appliquer  et sont victimes des abus de l’âme humaine. Sauf que, comme le communisme , ce concept  est presqu’irréel et pourrait comporter des effets secondaires indésirables . Bien que Marx ait tapé du pied et énoncé que la religion était  l’opium du peuple, ses principes ne furent jamais loin des religions monothéistes et particulièrement le christianisme .

A lire l’évangile, le premier communiste serait paradoxalement Jésus-Christ, talonné de près par Saint François d’Assisse et tout dernièrement concurrence par Mère Teresa et l’ Abbé Pierre. Sauf qu’entre opter pour un principe politique et l’appliquer réside un immense ravin. Il s’est avéré que tous les régimes communistes depuis l’adoption de cette idéologie furent totalitaires, dictatoriaux et coupable de millions de morts de leur people. Staline à lui seul massacra des dizaines de millions de ses compatriotes, les chinois firent de même, Pol Pot leader des Khmers rouges , Ceausescu, son voisin Tito , et la liste est interminable, écrasèrent leurs peuple et remplirent les cimetières de leurs compatriotes tout le long de leurs règnes quasi royaux.

    

Mais avant de laisser de côté les communistes et nous concentrer sur notre actualité,  juste une blague avant de passer aux choses sérieuses :

Le Tsar revient à la vie et rencontre Staline. 

-Comment va ma bonne vieille Russie ? 

-Très bien sire. répond Staline.

Et La police  secrète est-elle  toujours aussi puissante, comme la mienne ?

-Bien sûr rétorqua fièrement Joseph (Iossif) Vissarionovitch . Au moindre soupçon on expédie en Sibérie. Comme vous le faisiez.

-Et les juifs ,  les harcelez-vous toujours ?

-Rien de changé mon cher Nicolaï ! rassura Staline . On les regroupe et hop en train vers le goulag avec les prisonniers politiques. Et entre nous c’est tout comme votre règne, on fait quelques bonnes fusillades de temps en temps comme vous les aimiez 

-C’est bon c’est bon se contenta de dire Nicolaï II,  le visage réjoui. Et la Vodka , toujours à quarante-deux  dégrés.

-Ah non désolé cette fois  , elle est maintenant à quarante degrés, par décret.

-Ah bon s’étonna le Tzar la mine déconfite. Tout ce bordel , le communisme , la révolution pour deux degrés ? 

Evoquer les Russes et leur révolution n’est pas accidentel. Le monde des idées politiques demeura calme le long de nombreuses décennies suite à la révolution française et prit son temps pour digérer ce bouleversement majeur, jusqu’à la révolution bolchevique. Entre les deux évènements,  un vide politique a régné sur la planète.  A noter au passage que la révolution Française est l’un des évènements majeurs strictement politiques et sociaux  de l’histoire de l’humanité, le reste de l’histoire n’étant constitué que de guerres hégémoniques, d’idées scientifiques, philosophiques,   ou artistiques et surtout de religion.  

Les révolutions ne naissent pas spontanément mais prennent leur temps pour fermenter. Elles ont invariablement un tronc commun : Un malaise populaire. Les révolutionnaires eux,  guettent un déclic déclencheur pour passer à l’action. Dans le cas des Français du dix-huitième  siècle  ce fut un climat social tendu, une défiance croissante du peuple à l'égard de la monarchie absolue de droit divin, une extrême pauvreté et d'épisodes de famine marquants. Associée à des hivers très rudes, de mauvaises récoltes et une forte hausse du prix du pain entre 1787 et 1789 (+75 %), la crise alimentaire entraîna des émeutes dans les campagnes françaises, et le reste est bien connu : Louis Seize fut écourté de vingt bons centimètres et des plus importants. 

 

 Les mêmes raisons firent se révolter les rebelles russes. Sauf que si la révolution française agita l’ Europe , sa cousine russe agita le monde en se rependant un peu partout sur la planète en créant tout un bloc à elle-même et même un conflit de plusieurs décennies avec le bloc occidental . Cela est évidement du à la puissance de l’idée du communisme en elle-même mais surtout aussi aux moyens de communication et de dispersion du vingtième siècle  largement  supérieurs à  ceux de 1789.

Jean-Marie Kassab

A suivre

 

 Notre réflexion sur ce comportement  quelque peu inexplicable des masses ne devrait pas s’arrêter là. Il est impératif à ce stade de tenir compte du fait que  ces masses soient manipulées   .Que l’on exhibe aux peuples ce qu’ils devraient voir en vue de les convaincre de voter pour untel ou un autre n’est pas récent et date de l’antiquité.   Les écrits,  sculptures, statues  qui furent l’équivalent antique de nos petits écrans et panneaux publicitaires regorgeaient de ces messages subliminaux  ou même directs qui allaient dans ce sens. La célèbre colonne de Trajan a été tout simplement gravée de scènes de guerre uniquement  pour faire la louange de cet empereur romain. Napoléon se mit de la partie et fit  copier cette œuvre d’art longiligne pour  la planter au centre de la Place Vendôme dans le but de faire  sa propre louange et sa victoire la plus spectaculaire  à Austerlitz.  Il est évident que sur la colonne, on ne fait nulle mention des pertes et désastres occasionnés par les ambitions démesurées de  l’illustre empereur. 

 

Somme toute, les peuples ne sont pas stupides, ils sont tous simplement manipulés et l’ont toujours été. Les peuples  ou même l’individu  ne peut «  traiter » qu’avec ce qu’il voit ou palpe sans pour autant être diminué mentalement.  Nous sommes non loin là de l’allégorie de la caverne, un concept avant-gardiste élaboré par Platon dans sa «  République » depuis plus de deux millénaires (repris judicieusement par les deux frères Wachowski (ou sœurs ?) dans leur fameux film THE MATRIX   et si bien résumé par Gaëlle Sartre Doublet (suivez le lien svp).

Eh oui , on ne sait plus dire frères ou sœurs car les  Wachowski ont changé de sexe : Laurence est devenu Lana et Andrew s’est donné comme nouveau prénom Lilly ! Sympa  et tellement significatif de ces temps modernes que nous traversons). A signaler en passant que   les frères Bogdanoff avaient poursuivi en justice les Wachowski pour avoir piquer l’idée de «  Matrix »  chez eux , à partir d’un roman qu’ils avaient rédigé eux-mêmes quelques années auparavant et intitulé «  la Mémoire double »   . Ceci dit   et malgré mon respect pour leurs connaissances, mais seulement à les observer à travers les années  les Bogdanoff ont  leur aspect amusant eux aussi.  Ce n’est plus de la chirurgie plastique, c’est du plastic tout carrément.  Evolution évolution quand tu nous tiens. 

  

 

Oui parce que si le monde a de tous temps changé et évolué, il le fait très rapidement tout dernièrement. Tout se passe en accéléré à tel point que nous avons de la difficulté à suivre et nous  y adapter en certaines occasions. Amine Maalouf le résuma si intelligemment dans son livre "Le dérèglement du monde"   en disant :

« Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole »  

  

 

 

Cela nous prit du temps pour comprendre le monde après la chute du mur de Berlin. Cela a couté cher aux américains et particulièrement dans l’épisode du Onze septembre 2001 tout simplement parce que  tous  leur efforts en termes de renseignement  étaient focalisés sur le bloc soviétique et ils ne virent pas Ben Laden venir avec ses grands avions «  made in the USA » et leur faire aussi mal. 

Francis Fukuyama, célèbre analyste était allé aussi loin que d’intituler sa publication célèbre mais largement contestée : «  La fin de l’histoire ». Sauf que cher  Monsieur Fukuyama  l’histoire était loin d’être finie. Sans nul la fin d’un épisode mais rien de plus.  

  

Cela nous prendra encore plus de temps pour assimiler l’avenir immédiat car il semble que le monde soit à une croisée des chemins, qu’une nouvelle ère s’annonce, une nouvelle ambiance. Rien qu’à voir le Royaume Uni sortir de l’Europe, l’extrême droite qui s’agite fort en Autriche, mais surtout l’arrivée en grande pompe de Trump à la Maison Blanche. En conséquent un examen des faits s’impose. Mais une fois le constat effectué, tenter  par la suite  d’anticiper les évènements qui nous attendent. 

Jean-Marie Kassab

A suivre 

 

 

  Il semble que l’horreur ait élu dernièrement  domicile sur nos écrans. Reste à voir si elle compte le rester  pour de bon et pour longtemps. Les questions fusent de toutes parts,  les réponses abondent elles aussi  sans qu’aucune de ces reparties ou de ces analyses ne soit la  bonne. Entre temps, ça continue encore et encore comme dirait Cabrel.

 

 

Comment en est-on arrivé là ? Que faire pour contrer cette violence ? Comment se protéger fut-il à titre individuel ou collectif et au niveau de l’Etat. Les méninges sont creusées, mais semblent toutes vides et à raison. Les Bagdadiens,  grands champions de ce sweepstake de la violence semblent  résignés. Ils ramassent leur morts, pansent leurs blessés, foulent le drapeau américain quand ils en trouvent un, puis poursuivent leur vie en  nourrissant leurs enfants de haine mais surtout dans l’appréhension du prochain attentat qui guette  . Les Libanais, n’en parlons pas. Ils sont devenus grands maitres du déni. Eux aussi ramassent/ enterrent/pansent etc. mais se pressent de prendre la route pour  se tasser  comme des sardines dans le trafic fou du pays ,  juste  pour aller faire trempette dans une mer qu’ils ont eux-mêmes polluée, ou pour  expirer leurs soucis dans un nuage doucereux de tabac de narghilé .  Les syriens eux, sont trop occupés à se massacrer entre eux pour réclamer cet élan de solidarité du « Je suis telle capitale » devenu banal avec le temps. Tellement prospère comme slogan ce « je suis … », qu’il suffit dorénavant à ses créateurs de cliquer sur leur souris un petit instant pour remplacer Paris par Nice et le tour est joué.

  Le problème est que nous sommes tous coupables, à des nuances près, directement ou indirectement. Déterminer si le commanditaire est aussi coupable que l’exécutant, un dilemme perpétuel qu’affrontent les juges, devient encore plus pertinent quand il s’agit de terrorisme. Au risque de bafouer leur mémoire, même les victimes sont coupables : ne firent-elles pas partie de cette population mondiale accusée de culpabilité ?  Ne sont innocents que ces pauvres enfants à l’âme pure  qui périrent une poupée serrée contre leur poitrine. 

 S’affairer à dépoussiérer les manuels  d’histoire pour trouver les causes de ce chaos   aurait pu être  la meilleure manière de  traiter le problème en amont, sauf qu’il semble être trop tard : la maladie du terrorisme semble bien installée et ronge notre planète   . En connaitre la cause servira uniquement aux futurs patients, mais entretemps le malade présent agonise. Mais en parlant de maladie, peut-être faudrait-il cette fois  s’inspirer de la médecine. Après  tout la médecine est supposée guérir, or nous sommes tous souffrants.  Le parallèle avec la maladie n’est pas fortuit. 

       

Virus et microbes mutent et évoluent pour devenir encore plus dangereux. Le terrorisme lui aussi fait sa mutation et s’adapte : Nous sommes passés des voitures piégées, aux avions de ligne, en passant par les gilets bourrés d’explosifs , les fusillades au AK 47 au mains du terroriste haineux  qui arrose des passants ou des clients de café , pour en arriver dernièrement au camion faucheur . Et Dieu sait ce que nous réserve l’avenir, je préfère ne pas y penser. 

Virus et microbes  triomphent quand l’immunité s’amoindrit. Or c’est précisément le cas de nos sociétés malades. Les budgets de défense, de sécurité, furent les premières victimes des coupes effectuées lors des crashs financiers. Sauf que les mutations ne sont  pas seulement adaptatives, elles sont qualitatives aussi, parce que les terroristes  eux sont bourrés de haine, contrairement aux microbes qui ne cherchent qu’à survivre dans le corps qu’ils habitent. Les terroristes « traditionnels » appuient sur le poussoir pour s’évaporer instantanément sans pouvoir jouir des effets des morts provoquées, la récompense chez les islamistes étant dans l’autre monde. Or ces terroristes mutants ont choisi de jouir du paysage des mourants qu’ils arrosent de balles avant de se faire exploser, et cela  est un fait très significatif et dangereux en lui-même.

 A examiner leurs parcours, furent-ils des étudiants aux Etats-Unis qui massacrent leurs camarades de classe ou leurs profs, ou ceux du Bataclan pour citer un exemple tout récent, ces terroristes sont des gens qui ont dysfonctionné   et seraient  en quête de revanche. La plupart d’entre eux, pour parler de la France ou de la Belgique, sont émigrants, ou fils d’émigrants, ayant  été rejetés par la société. Les raisons de ce rejet sont multiples. Un « gap » culturel sans doute : il est beaucoup plus compliqué de vivre en France ou en Allemagne que de se la couler douce à Tunis . La société européenne ou occidentale en général bien que plus rentable  financièrement  à  comparer aux salaires payés dans un bled Algérien, est par contre beaucoup plus exigeante. Un zest de racisme aussi : Il serait naïf que de dire que les  européens, la plupart ayant eu un passé colonial, soient dépourvus de racisme. Puis entre en jeu l’instrument religieux qui utilise ces bougres que sont les terroristes, dans un but strictement  politique. 

Un expert estima dernièrement que le vrai danger réside chez les gens de Al Nosra qui manifestement ont des ambitions de contre-croisades mondiales, et non pas chez Daesh qui semble être plus brutal comme mouvement mais par contre ayant  des ambitions strictement régionales. Et finalement, le déclencheur étant bien sûr l’invasion de l’Iraq et la gestion désastreuse de ce dossier par les américains . Initiative primitive en gros et dans le détail. Le bouquet final étant la crise syrienne , gérée collectivement et  désastreusement par l’ensemble de la communauté internationale qui en paie actuellement  le prix.  

Pour en revenir au parcours classique des terroristes , la plupart semblent avoir puisé  leur haine en Europe pour les raisons citées plus haut, puis pris le chemin de la Syrie devenue une couveuse de terrorisme ( le terme technique en anglais étant « Terrorism incubator »)  pour s’y entrainer et revenir en Europe pour étancher leur soif de  vengeance.  Mais trêve d’histoire puisqu’elle  s’est avérée inutile et retour à la médecine : Les pathologies, bien qu’ayant un tronc commun de symptôme, varient d’un corps à l’autre. Dans le cas du terrorisme, le corps humain devient pays, et les réactions des pays face aux  pathologies et vice versa varient grandement. 

La France , pays très laïc, est la terre d’accueil de millions de musulmans , de loin plus que les autres pays d’Europe. Loin de vouloir accuser cette communauté des maux actuels, ou de sombrer dans un amalgame suicidaire, il se fait que nombreux sont les terroristes issus de cette religion, justement, et on ne le répètera jamais assez : l’islamisme est un instrument politique au mains de politiciens malveillants ( au fait, y en a-t-il de bienveillants  parmi eux ?) . Ceci rend la France la cible principale,  tout comme la Belgique. 

Quant aux  Anglais, et non pas miraculeusement, s’en tirent jusque-là, mais on ne sait jusqu’à quand. Leurs services de renseignement ont toujours été très performants. Les causes réelles ou sous-jacentes du Brexit  (Suivre le lien) pourraient être sécuritaires.   De plus leur situation insulaire les a traditionnellement protégés. Mais qui saurait prédire ?  

Les Allemands eux,  ont une grande masse de turcs émigrés. Cela les met en danger potentiellement. L’Italie est  sans doute protégée par la Mafia qui contrôle les voies de la contrebande (il faut bien acheminer des explosifs de quelque part ! ) . De surcroît  la Mafia déteste le terrorisme justement parce que c’est mauvais pour le « bizness ». Et pour parachever le portrait de l’Italie, la Cosa Nostra joue souvent aux gendarmes locaux, sans besoin aucun de jugement ou de « Fichier S » : une petite fusillade par ci,  une exécution par là fait  régner l’ordre, même si cet ordre est mafieux, ma foi.

 La Russie a eu ses problèmes avec la Tchétchénie, mais les règle au fur et   mesure à coups de contre-brutalité qui lui offre des périodes de trêve en attendant le nouvel attentat. Les Etats-Unis, cible gourmande des terroristes est immense et  protégée par les infranchissables baquets d’eau que sont l’Atlantique et le Pacifique. Leur vulnérabilité est relative mais restera perpétuelle tant que leur  politique sera naïve.  

Le SIDA, ce fléau contemporain, impossible  à  guérir avec un seul médicament,  ne fut jugulé que par la trithérapie en parallèle avec la prévention. Dans le cas du terrorisme il faudrait avoir recours  à  la poly-thérapie. Bombarder Daesh de la façon dont cela s’est effectué dernièrement  s’est avéré insuffisant, sachant bien que ce ne serait pas le  remède unique. Ignorer le fait que Daesh , Al Nusra et al , sont essentiellement des Syriens et des Irakiens impose qu’il faudra intervenir plus intelligemment dans ces deux pays. Laisser les coudées libres  à  l’Iran simplement parce que Monsieur Obama voudrait marquer l’Histoire avec son « nuclear deal » ou rêver des milliards de dollars que pourraient verser les mollahs en guise de commandes, attisera immanquablement les haines sunnites chiites .  Laisser faire  Saoudiens et consorts tout ce dont ils rêvent  pour déloger Assad quittes à créer  des monstres incontrôlables est littéralement irresponsable. Observer Israël  en train de fomenter des  guerres régionales entre musulmans des deux rites,  suivant le principe de « diviser pour régner » sans intervenir ne peut que dégénérer et se répercuter sur l’occident.    Garder les frontières poreuses comme elles le sont actuellement est équivalent au suicide collectif, même s’il faudrait geler le traité de libre circulation signé à  Schengen le temps que l’ouragan se tasse. Protéger un strict espace national est de loin plus aisé que de barricader toute l’Europe.   S’attacher aux principes valables  des temps de paix signerait la mort de notre civilisation.

 A la guerre comme à la guerre, à condition de revenir à l’ordre une fois la paix rétablie et les troupes revenues aux casernes. Or nous sommes en guerre, qu’on le veuille ou pas.  Il s’agit surtout de ne pas sombrer dans l’inquisition et ses horreurs. Surtout ne pas s’inspirer de l’adage attribué  souvent   à  tort  ou à raison  à l’abbé Arnaud Amaury:   «  Caedite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius »  malgré les envies qui montent du côté de l’extrémisme de droite.

( Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens)

 Mais c’est  là  où réside le piège dans lequel il ne faudrait pas tomber, cette réaction en chaine que désirent les commanditaires : Faire mal dans le but de déclencher la fureur de la population ainsi que les préposés  à  la sécurité envers la communauté musulmane. Du coup  provoquer l’amalgame qui en somme malmènera forcément toute le monde en  mettant innocents et coupables  dans le même panier. Sauf que les innocents, et ils seront  nombreux à  réagir négativement face  à  cette injustice dont ils sont victimes créeront  involontairement  le milieu propice aux extrémistes pour  engendrer d’autres extrémistes, et ainsi de suite dans un cycle infernal difficilement contrôlable. Faute de pouvoir gagner cette guerre, les islamistes provoqueront le chaos.

En conclusion, la fermeté s’impose, mais sans excès populistes. Une fermeté de temps de guerre, juste le temps de ramener l’ordre, quittes à mettre en taule quelques innocents. Cette fois la raison d’Etat est devenue cause de survie : On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, que serait-ce  quand tout le poulailler est menacé. Un coup de bâton ferme sur les doigts  des Etats qui financent tout ça. Des lois plus sévères, le temps que la menace baisse. Fermeté, fermeté et encore fermeté. 

Messieurs les leaders de ce monde, je vous en supplie de faire ce qu’il faut pour que  notre civilisation ne soit pas écrasée sous les roues d’un camion. 

 Jean-Marie Kassab. 

 

 

 Arrêtez le monde, j’ai envie de descendre ! NANCY HOUSTON

 

 Faire un bilan positif de la planète a toujours été une tache quelque peu difficile. Il y a toujours une guerre qui se déroule quelque part, une crise économique qui pointe du nez ailleurs ou un conflit d’intérêt entre deux pays qui présagerait un conflit. Il y toujours eu une famine qui menace une population, ou une sècheresse qui décime des milliers de pauvres gens. 

De tous temps aussi il y eu des fanatiques qui n’acceptent pas que d’autres pensent différemment qu’eux ou vénèreraient un dieu autre que le leur, quittes à abuser du fil de l’épée pour imposer leur croyance. Toutes les religions en abusèrent sans exception et firent même trancher les têtes de leurs propres fils une fois l’ennemi exterminé, toujours avec la prétendue bénédiction de l’Eternel. Sauf que souvent ces fanatiques sont simplement l’instrument d’ambitions politiques savamment escamotées par leurs commanditaires aux ambitions souvent douteuses. 

Tenez par exemple, Daesh , on en a fait ce qu’on veut du moment que ça choque et que ça fasse les intérêts de tout le monde. Créer l’ennemi parfaitement haïssable fut une belle réussite. La religion au service des intérêts politiques, un art qui date depuis l’antiquité. 

Ainsi fut construite notre société et le sera pour pas mal de siècles à venir. Bien que tout prête à dire que la science serait actuellement en instance de faire très prochainement des bonds énormes et transformer notre façon de vivre , la nature de l’homme elle, demeurera probablement la même. Cupidité et avidité semblent faire partie de notre patrimoine génétique et seraient même ravivées par cette abondance de richesses à une époque où tout le monde veut encore plus de tout, tout en voulant travailler moins. 

Il est évident que ces remarques ne s’appliquent pas au tiers monde où la pauvreté ne fait que sévir et les ressources manquent cruellement. Mais aborder ce déséquilibre dans la distribution des richesses et les causes de cette inégalité exigerait des milliers de pages d’analyse et seraient hors du sujet.

Si nous sommes d’accord que la nature de l’être humain n’a pas changé depuis la nuit des temps, l’unique explication à cet étalage de scandales et de méfaits serait du à ce flot d’informations qui nous inonde de partout , et inlassablement il faut dire. Rien de nouveau sous le soleil, sauf que maintenant on en est informé quasi instantanément et à profusion. Si dans le temps la planète comptait quelques milliers de medias qui employait l’équivalent en journalistes et reporters aguerris, le monde compte bien actuellement un milliard de reporters autoproclamés : chaque porteur de téléphone cellulaire équipé de camera en est devenu un, de facto. Chaque trafic sur la toile est exposé à des yeux scrutateurs et souvent malveillants. On ne peut plus cacher grand-chose. Cela est bon et mauvais en même temps. Bon puisque les magouilleurs ne sont plus à l’abri dans leurs grand palais. Mauvais parce que l’information est devenue incontrôlable, invérifiable et souvent insoutenable. 

Donnez l’accès à l’Internet à n’importe quel mauvais plaisant et il vous sortira les inepties les plus psychédéliques en deux minutes, vous soumettra trois images truquées, et des « preuves » que les extra-terrestres sont là. Mais là où le bât blesse , c’est que l’imbécile en question pourrait trouver des millions d’âmes crédules qui pourraient croire ces sorties, du simple fait « que vu online » voudrait dire « c’est vrai ! ». 

     

Le principe dit qu’il ne faut pas tuer le messager comme l’a bien prôné Shakespeare dans une de ces pièces et se concentrer sur le message. Mais à lire les messages, soient-ils de provenance wikileaks , ou les Panama Papers, le monde semble être pourri jusqu’aux os. Mais ça, ne le savait pas-t-on déjà ? La corruption n’est pas née d’hier. Crassus, un des plus grands généraux de Jules César devint immensément riche et ne se contenta jamais de son solde de tribun. Laurent de Médicis se servit amplement dans les coffres de Florence pour devenir Magnifique, et mériter son sobriquet. Les avoirs du russe Yelstin furent évalués à un certain moment à deux milliards de dollars. Hosni Moubarak, Kadhafi, Assad père et fils, Ben Ali et la liste est interminable ont sans honte aucune puisé dans les finances de leurs pays. 

               

 

 

Si la corruption est née depuis longtemps, les nations avaient par contre une dignité propre à eux, et c’est la perte de cette dignité proprement dite qui devient inquiétante. La première question que Jean-Pierre Elkabbach et David Pujadas , illustres journalistes Français posèrent au président Iranien Rouhani en prévision de sa visite à Paris fut significativement : « Qu’amenez-vous comme contrats dans votre besace Monsieur le Président ? ». Ensuite vinrent les questions « moins essentielles ». Les Italiens ( que l’âme de ma mère me pardonne) ne furent pas moins carpettes : En vue d’amadouer le même Rouhani, ils couvrirent « Ces seins qu’on ne saurait voir. Par de pareils objets, contrats pourraient être affectés, et cela fait venir de coupables budgets ». Des seins sculptés avec amour depuis des siècles par les plus illustres artistes du monde. 

   

 

Durant la crise de l’Ukraine , et suite aux menaces de boycott lancées par l’Europe et les Etats-Unis contre l’agresseur russe, les banquiers britanniques, censés avoir vécu le nationalisme hors-pair de l’immense Churchill qui avait ébranlé le monde avec son « We shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender » firent pression sur leur gouvernement pour ne pas mettre en danger les dépôts de la mafia russe dans leurs coffres-forts. Cette liste aussi est interminable. 

En somme quand même la dignité des peuples devient si précaire, s’attendre à ce que leurs leaders soient des monuments d’intégrité devient un espoir illusoire.

Quand en 2104 , le terroriste Michael Zehaf-Bibeau pénétra dans l’enceinte du parlement canadien pour déchainer encore plus sa fureur sur des innocents après avoir abattu une première victime, il se retrouva nez à nez avec le sergent Kevin Vickers qui l’abattit d’un coup de feu et sauva un grand nombre de gens d’un geste ferme . Zehaf-bibeau ne s’attendait pas à ce que cet homme d’un certain âge, supposément censé tout simplement s’habiller d’une toge, porter un sceptre doré et parader avant de donner le coup d’envoi aux sessions parlementaires, soit aussi ferme et efficace. Zehaf-Bibeau mourût abasourdi devant tant d’héroïsme. Vickers refusa tout honneur en répondant à ceux qui s’extasiaient devant sa bravoure qu’il avait tout naturellement fait son devoir. Il dédaigna les dizaines de demandes d’interviews soient-elles par CNN ou ABC ou tout autre media de ce calibre. Il ne prit même pas la peine de lire les offres de biographie à coups de millions de dollars mises entre ses mains . 

     

Quand les parlementaires canadiens le jour suivant lui faire une standing ovation de dix minutes, il se contenta d’acquiescer du menton, puis une fois le mois terminé après cet acte d’héroïsme, il empocha son salaire modeste de fonctionnaire . 

Comme quoi on peut faire son boulot et assumer son devoir sans piller le trésor. Comme quoi l’honneur n’a pas de prix. Comme quoi le monde a besoin de gens comme cet homme. Comme quoi tout espoir ne serait pas perdu. 

Quand Spielberg tourna son « Sauvez le soldat Ryan », il voulut dire que pour que l’humanité ne se perde pas, il faut des fois sauver un seul homme. Messieurs Dames, s’il y aurait quelqu’un qu’il faudrait sauver c’est bien cet homme. S’il vous plait, sauvez le Sergent Kevin Vickers ou notre civilisation serait perdue. 

  

Jean-Marie Kassab

https://www.youtube.com/watch?v=uFV... 

 

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