Thème - Réflexions

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Il est des choses qui n’ont pas besoin  d’exister  réellement pour qu’elles soient là. En fait Il suffit d’un souhait pour  qu’elles deviennent réalité.  A condition d’avoir le cœur pur. Comme celui des enfants. Tenez par exemple, le Père Noel,  et puisqu’on est en Décembre, il suffit de vouloir y croire pour qu’il  apparaisse avec sa belle barbe blanche  sa jolie tunique rouge, son rire tonitruant,et sa besace remplie de cadeaux.

 Personne n’a inventé le père Noël, il s’est  sans doute inventé lui-même,   assisté peut-être par un enfant à l’imagination débordante  qui a lancé la rumeur. Une rumeur si belle d’ailleurs que des millions la partagèrent instantanément, depuis des siècles, les yeux étincelants .

 Oubliez les théories. Mettez de côté les innombrables origines du mythe qui citent  Saint Nicolas de Myre , ou  Sinterklaas dont la déformation du nom devint Santa Claus, ou celle du dieu viking Odin dont la légende dit qu’il aimait offrir des cadeaux, et les dizaines d’autres explications les unes valables , d’autres  saugrenues . Elles ne sont que les interprétations de vieux historiens aigris  qui adorent nous gâcher la vie en voulant donner une explication à tout.

 

    

 

Le vrai, l’essentiel,le beau ne peuvent être expliqués.  Ils ne doivent pas être expliqués, sinon ils perdraient leur charme et la magie s’en irait comme elle est venue, dans un petit nuage qui se dissipe brusquement . Se casser la tête est inutile des fois, il faut se laisser aller .  

 Si croire au Père Noël est un rêve d’enfant, alors je veux bien rester un enfant toute ma vie. Si croire au Père Noel me targuera d’être naïf, alors naïf je veux bien l’être. Si le vieux bonhomme à la barbe blanche me donnera de l’espoir pour demain, alors soit-il je  veux bien être son ami et l’attendre au petit matin pour voir ce qu’il m’a apporté. 

Mais pardonnez-moi,je dois y aller, j’ai comme cru entendre un HO HO HO au loin.

Et que vive la magie de Noël.

(cliquer pour écouter Bocelli chanter: "Santa Claus is coming to town") 

Jean-Marie Kassab

 

Les présidents américain, Russe et Yasser Arafat se présentent devant le bon Dieu.

L’américain demande à   l’éternel :"Dites-moi SVP quand le drapeau américain flottera partout dans le monde et le hamburger sera le plat national de toute la planète !?" 

Le bon Dieu consulte ses archives d’avenir et répond après un moment : "En 2350."

Le président américain déçu et abasourdi, se tourne et éclate en sanglots en s’écriant : "Shit , ce ne sera pas de mon temps".

Le Russe pose à sa façon la même question au bon Dieu : "Dites-moi SVP quand le drapeau russe flottera de partout sur la planète et tout le monde boira uniquement de la bonne Vodka Russe ?!"

Le bon Dieu consulte ses archives d’avenir et répond après un moment : "En 2210."

Le président Russe  déçu et abasourdi, se tourne et éclate en sanglots en s’écriant  en jurant : "Ce ne sera pas de mon temps."

C’est alors que Yasser Arafat pose sa question au bon Dieu : «  Quand est-ce que la Palestine sera  libérée ?" 

Le bon Dieu consulte ses archives d’avenir , se tourne et éclate en sanglots. 

Jean-Marie Kassab

 

Discours Fondation Safadi  2 novembre 2017

 

 

Pour commencer, un grand merci aux organisateurs. 

Merci  de nous recevoir dans ce magnifique bâtiment. 

Merci de nous recevoir avec ce  grand sourire sincère qui caractérise ceux qui fréquentent ou travaillent dans  cette  jolie bâtisse, 

Au cœur de la magnifique Trablous.  

Un grand merci aussi à vous, surtout celles et ceux  qui ont fait le déplacement de très loin. 

 

 

Le bonheur et l’argent ? Pourquoi ? 

Le bonheur ? Tout simplement parce nous le recherchons   tout  le temps. On se réveille le matin, une seule idée en tête : l’envie  d’être heureux durant cette journée.

 Les yeux mi-clos,  on titube,  en grommelant un  « bon jour «  à tous ceux qui croisent notre chemin. 

Figurez-vous que même les prisonniers, derrière leurs  barreaux, marmonnent eux aussi un  « bonjour »  à leurs geôliers. Sans conviction.

Tout comme les infirmières qui le susurrent aux oreilles des mourants, en leur faisant ce qui sera probablement  leur dernière toilette. Sans conviction non plus. 

 C’est souvent un  réflexe que de dire bonjour .  Et puis  comme la journée avance, on passe au bon «  après-midi » puis au «  bonsoir »  et finalement la bonne nuit. 

Et ceci  dans toutes les langues du monde et sous tous les cieux.

 Pour ma part j’aime bien la tonalité ainsi que le message d’espoir que diffuse le Sabal el Kheir réciproqué par un sabah el Nour.  La lumière ! 

Et puis ce Al salam aleikum, cet appel au salut, à la paix, scandé  par des millions de personnes.

Dommage que ça reste   sans résultat, dans cette région du monde qui a tellement besoin de paix. 

 

Bon,  on le dit sans le signifier  ce bonjour , automatiquement , comme tant d’autres choses que nous faisons sans réfléchir, gérés, régentés ,administrés  que nous sommes par ce «  big brother «  sournois et masqué qu’ est la société.

« Fais ça , Fais pas ça ! » « Fais ça , Fais pas ça ! » « Fais ça , Fais pas ça ! » 

 

Mais en somme, cette  quête du bonheur  se poursuit inlassablement, de la naissance jusqu’au  jour où on rend l’âme. 

Et puis l’argent, lui aussi  monopolise  nos idées !

 Même scenario, on commence à y penser tout en en se brossant les dents. L’employé pense à sa promotion, un meilleur salaire, l’ouvrier tient à obtenir les grâces du contremaitre etc, et  c’est absolument légitime.  

Moi-même,  je fais partie du tas qui cherche à faire fortune. Rien de honteux à ça.

 Après tout, vivre sans argent est devenu impossible :

 Nous    ne sommes plus dans une société primaire où l’on pouvait vivre de ses récoltes, de sa chasse ou de sa pêche. D’ailleurs ces agriculteurs, ces chasseurs et ces pécheurs  des siècles passés, avant que le troc ne fut inventé et bien avant que le concept de l’argent ne prenne forme, ne vendaient pas en fait la moisson de leur labeur. 

Eux aussi ne pensaient  qu’à leur subsistance, leur survie. La survie est essentielle et il serait ridicule de le contester. 

On ne vit pas d’amour et d’eau fraiche. 

  

Nous ne sommes pas  là pour tirer des conclusions,  imposer un avis quelconque ou même prêcher l’austérité. 

Nous sommes là uniquement  pour débattre  de ces sujets,  et laisser à chacun d’entre vous   tirer sa propre conclusion. 

Je dis "propres conclusions" tout simplement parce que je crois fermement en    l’unicité de l’être humain qui n’est pas restreinte aux empreintes digitales, mais à tout son être. Chaque humain est unique en lui-même. Chaque cellule est unique. Chaque pensée est unique. Ce qui en soit est   une richesse sauf dans les régimes totalitaires de pensée unique.

 

 Cependant,  le dénominateur commun que partage toute l’humanité demeure  cette quête du bonheur que recherchèrent  ces quelques  cent milliards d’êtres humains qui nous ont précédé sur cette bonne vieille terre et les autres milliards qui nous suivront.

  

 Cent milliards de façons de concevoir le bonheur et la liste est loin de se terminer. Peut-être même plus car la  conception du bonheur évolue avec les années, la conception change d’une personne à une autre, ainsi que selon les circonstances.   

Une personne rongée par la maladie rêve que le bonheur sera là une fois la douleur partie, sachant bien que  rien n’ait changé dans  sa vie entre temps. Il est évident qu’elle appréciera mieux ce qu’elle avait déjà, sans qu’elle  ne se soit jamais rendu compte,  ou que la douleur ait masqué sa vision.  

Une autre personne sans ressources croit de toutes ses forces qu’elle serait heureuse une fois ses poches remplies. 

 

Il est naturel que ces deux exemples parmi des millions d’autres, que ces personnes soient malheureuses. Elles ont parfaitement raison de l’être . Sauf que le bonheur serait-il réellement au bout du chemin une fois la douleur apaisée et le revenu assuré ? 

Drôle quand même qu’on puisse tous être d’accord quant au malheur mais qu’on peine tellement à définir le bonheur. 

Ceci étant, nous ne sommes pas là pour tenter de définir le bonheur ou l’argent. 

Nombreux , et bien avant nous l’on déjà fait sans succès définitif.  

Souvent avec l’usage de très belles paroles mais aussi avec un touche de sarcasme : André Malraux disait : « Le bonheur est pour les imbéciles », en ce sens qu’il est utopique de croire qu’on peut atteindre un état absolu alors qu’on se trouve dans un monde relatif. Et qu’il faut être un parfait imbécile pour croire  y parvenir un jour ». 

Trouver une définition de l’argent est plus facile, puisque l’argent est un élément matériel ayant plusieurs synonymes dont le plus usité serait «  richesse ». 

Ce que nous tenterons succinctement de faire ici, et durant la courte séance qui nous est attribuée est de tenter d’établir le lien entre le bonheur et l’argent. 

Ce fameux cliché qui répond à la question tout en la posant : «  L’argent fait-il le bonheur ? » 

Puisque le mot bonheur lui-même est constitué de «  bon » et d’heur. Heur qui vient de l’ancien français oür, aür, eür (du XIIe siècle) qui est issu d’un latin populaire agurium altération du latin augurium (« présage »). 

Ce qui nous fait  penser aussi aux italiens qui pour souhaiter une bonne chance à quelqu’un lui roucoulent avec cette belle langue chantante qui est la leur  «  Buona Fortuna » et  qui pour le féliciter lui disent Auguri . Auguri , comme les  augures, ces prêtres qui chez les romains examinaient les présages. Et ces français qui en parlant de quelqu’un qui s’est enrichi disent  «  Il a fait fortune » ? 

 Force est de constater ce lien tenace, millénaire qui lie chance, fortune pécuniaire, et bien sûr le bonheur.

Comment lutter contre ce conditionnement qui commence dès le berceau ? Ces parents qui se vouent à offrir les plus beaux atours à leurs enfants, pour les rendre « heureux » . 

Sauf que les enfants, les enfants sont des naturels entendons nous, s’en foutent que ça soit du Baby Dior , ou autre marque de renom et de toute façon baveront dessus ou le tacheront de chocolat un sourire angélique aux lèvres, 

 Gestes louables certes de la part des parents, mais qui peuvent à la longue devenir néfastes si mal canalisés ou gérés.

Puis cette pression qui se poursuit sur les bancs scolaires et les hantera plus tard  dans leurs lieux de travail. Toujours lutter pour avoir le meilleur , quel que soit le coût. Le tout entériné, suggéré par tous les moyens par un marketing agressif, suggestif qui nous grave dans votre cerveau : «  Pour être heureux , achetez cet article ! sinon vous serez la personne la plus triste du monde » . 

Le chantage est inclus le message. 

 

 

Loin de vouloir dénigrer l’importance de l’argent, ou de sa contribution à notre confort,  ou de rendre nos vies plus agréables et même,  et souvent même  contribuer largement à notre qualité de santé et de longévité. 

Ou de vouloir clamer que la pauvreté rend heureux. Je conteste tout simplement qu’il ne peut être l’unique raison de notre bien-être, et je souligne bien-être et non pas bonheur. Vouloir le poursuive simplement pour en avoir encore plus devient destructeur. Il suffit de revoir le parcours de Francis dans le roman les Yeux d’Astrid pour constater les dégâts que les passions immodérées peuvent susciter. 

  

N’empêche que l’attrait de l’argent soit très  puissant. Terriblement puissant selon Marx  qui avait écrit «  Je suis laid, mais je peux m'acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l'argent…? 

En ce qui concerne l’argent, je laisse Monsieur Fouad Rahme, banquier et actuellement Président du RDCL ,  le Rassemblement des chefs d’entreprises Libanais, se  charger de l’explication et qui j’espère partagera avec nous son expérience , son brassage quotidien de cette denrée si précieuse qui est le billet vert. Je vous prie de le suivre attentivement. 

Mais, heureusement  que nous sommes au rez-de-chaussée, car Voltaire avait dit : « Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sur qu’il y a quelque profit à prendre ». 

Ici présent, Maitre Joseph Nehme, éminent avocat  qui partagera avec nous son vécu d’avocat, une profession qui le fit souvent témoigner comment cette passion de l’argent a détruit tant de ses clients ou de leurs adversaires. 

 

 

Dr Husseini, psychanalyste de renom qui a promis de nous prendre par la main, et  nous promener dans les tréfonds de l’âme humaine et tenter de nous expliquer ces passions, ces obsessions  qui nous mènent et nous rendent ce que nous sommes. 

 

Avant de passer au débat je tiens à remercier d’avance  Dr Chammas ici présente  qui nous donnera son précieux avis sur le sujet et s’étendra à sa façon  sur le message qu’elle a perçu  en lisant le  roman les Yeux d’Astrid. 

 

  

Pour ma part , je vais la laisser faire sans intervenir , en suivant le conseil du philosophe algérien Malek Chebel  qui ayant interrogé un client dans une librairie, fut ignoré par ce dernier. Ce jour-là raconte Malek Chebel, «  j’ai compris, qu’un ouvrage paru ne m’appartenait plus". 

 

Merci

 Jean-Marie Kassab

Te souviens-tu de ces   montagnes si froides,  inaccessibles et si  escarpées, 

Et qui soudain ne te semblent plus raides et si chimériques à escalader ? 

Qu’elles sont  devenues comme par magie des collines verdoyantes et faciles à traverser.

  

Te souviens-tu de ces ravins que tu trouvais infranchissables et impossibles à enjamber ?

 

Qu’ils se sont instantanément comblés et s’étalent désormais  comme un champ de blé sous tes pieds. 

Que les fruits si acides et souvent amers  ont  subitement muri et sont devenus sucrés.

Te souviens-tu de cet océan écumeux, aux vagues si noires qui tant t’effrayait ? 

Qui en un instant devint une rivière à l’eau si claire  et t’invita à t’y baigner,t’y rafraichir ,

Et qu’il te suffît   d’une brassée vigoureuse pour le traverser.

 

Te souviens-tu de ces  nuages qui te semblaient si obscurs et de noir endeuillés ? 

Et qui pour toi se dévêtirent, tout en riant,  et t’invitèrent  dans leur blancheur renouvelée. 

 

Et ce voyage qui  tant  te terrifiait, toi qui les grands espaces tu craignais ?   

Tu  te sens inconsciemment des ailes pousser, et comme celles d’un goéland se déployer,

Juste pour voler, sous un ciel bleu ou étoilé, et vers de beaux mondes t’en aller.

Te souviens-tu de ce sentier boueux qui  paraissait si long, pendant que ta bien-aimée s’impatientait,

Et de ton amour languissait,  car  par ta timidité tu l’avais trop  longtemps ignorée ?

 

Puis un moment après, sentir le pas  devenir   soudain plus léger, et ta démarche assurée, 

Le chemin si long se raccourcir et de  fleurs champêtres se   parsemer,

De roses des champs, de coquelicots, de bleuets mais surtout   de muguets.

   

Et elle, amoureuse passionnée, le cœur incendié  et  sur sa fenêtre penchée,

Courir vers toi, le corps en feu   juste  pour te couvrir de mille baisers. 

 

Si tu te souviens de tout ça, et que tu sentes  toute ta vie subitement  bouleversée,

Sache que le monde  lui,  n’a pas changé et jamais ne le ferait, 

Mais c’est avec les yeux d’Astrid qu’il fallait regarder. 

 

Jean-Marie Kassab

Vieillir ? Le vin est censé vieillir pour  devenir meilleur, Scotch et Cognac encore plus. Le vin continue à vieillir en bouteille quand ces deux derniers ne vieillissent que tant qu’ils sont dans un baril en chêne, en s’évaporant peu à peu par les petits interstices du récipient. La portion qui s’envole est appelée «  La part des anges ». Le procédé s’arrête  bien sûr dès qu’ils sont mis en bouteille, d’où la nomenclature 12 year old etc. Au prix où ça se vend, de quoi avoir envie d’être un VSOP ou un vieux single malt (plus TVA). 

  

« La part des anges », mignon je trouve, et surtout poétique. Comme si les anges se mettaient  en rond,  dans une  cave humide,  autour d’un grand fût , pour boire à   la santé  des pauvres bougres que nous sommes , tout en prélevant une année après l’autre  , en souriant, avec un cynisme indigne de leurs ailes éclatantes de sainteté . Comme s’ils   picoreraient nos  années jour après jour. Diaboliquement angélique je trouve. 

Vieillir ? Quel mot  vilain par contre pour les humains. 

C’est drôle, étant tout jeune « on grandit »  mais une fois adulte «  on vieillit » bien que les années qui  s’écoulent soient exactement les mêmes : 365 jours, immanquablement !  Les aiguilles  de l’horloge accrochée au mur du couloir de l’école et qui marquent les heures de cours ressemblent exactement à celles qui font tic-tac durant  une partie interminable de Rummy ou de Bridge dans une maison de retraite.  Aucun changement, et pourtant…

Tout est une affaire de perspective, le pouvoir des mots, comme le scande un sage de mes connaissances. 

Vieillir ?  Non non et non. Prendre de l’âge oui. Des rides,  pourquoi pas ? Au lieu d’avoir la peau lisse comme une morne plaine, pourquoi ne pas porter fièrement ces rigoles  creusées par ces  années laborieuses . Ces fleuves de connaissance qui ont péniblement foré leurs cours dans notre personnalité et fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui.   

Des fils blancs, et alors ? Ca impose respect  une tête chenue. 

 Remplir sa vie ? Oui et déborder sur les autres aussi. 

Faire des « choses » ? Bah oui, toutes sortes de choses, y compris  des bêtises. Qui oserait nous gronder ? Fini le temps des punitions. 

 Se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle,  faire exploser cette masse d’expériences dans un feu d’artifice? Il n’est jamais tard. En fait , c’est le bon moment si l’on se dit que le temps de la récolte finale est arrivé. Les fruits muris durant de longues saisons sont prêts à être cueillis. 

Danser ? Oui oui et oui. Quitte à lancer le fameux cliché «  de mon temps la musique était … ». Se déhancher avec col du fémur artificiel ou pas, peu importe, Viva la fiesta ! 

Prendre sa retraite ? Non.  La retraite, c’est pour les armées en défaite. C’est Napoléon retournant bredouille, le nez gelé après la campagne de Russie.  Pas de retraite, foncer.

Cesser de travailler ? Envisageable bien sûr.  Y a en a  marre souvent, le même job, les mêmes bouilles des collègues, la même routine. Tuant au vrai sens du terme.  Cesser de travailler ? Oui, à condition de remplir sa vie d’une manière plus enrichissante,  différente, beaucoup plus riche que les sots métiers  qu’on subit des fois pour le gagne-pain. 

Attendre que la mort vienne, une tasse de tisane  à la main (beurk), ou affalé devant la télé ? Non non et non. 

Vivre sainement, bien sûr, mais laisser aux moines et ceux qui ont hâte de faire  connaissance avec l’éternel le soin de vivre sagement. Croyez-moi, être sage, se priver des plaisirs terrestres  ne rendra pas votre vie plus longue, elle sera tout simplement si ennuyeuse qu’elle paraitra longue sans l’être pour autant.

"An archaeologist is the best husband a woman can have. The older she gets the more interested he is in her."

Agatha Christie

Si le poids des années courbe  l’échine,  alors  rendons les moins lourdes ces sacrées années,  notre dos ne s’en portera que bien mieux. Vivre sans compter et surtout compter  vivre.

Non seulement vivre, mais  s’accrocher à la vie,   à chaque moment, les bons d’entre eux et les mauvais , et  ceci jusqu’au dernier .   Eviter la platitude et puisque la terre est  ronde et loin d’être plate  pourquoi ne pas en  faire le tour. Tiens, visiter le Taj Mahal serait une bonne idée, non seulement pour s’extasier sur  la beauté des lieux mais surtout pour méditer sur cette immense histoire d’amour entre Mumtaz Mahal et son époux qui lui fit construire ce mausolée somptueux en sa mémoire.  Ah l’ amour mon Dieu  l’amour , comme dirait Aznavour, bel exemple de longévité bien remplie. En somme, pour bien vivre il faut aimer et être aimer, à tout âge. La formule est magique mais  n’a pas de secret. 

 Et puisque les médecins sont unanimes quant aux bienfaits de la marche et si le tour du monde s’avère impossible, faire le tour de sa ville à pied le cas échéant , pour  y découvrir ce qu’on a tout le temps survolé rapidement coin de l’œil  en passant,  mais poursuivi son chemin faute de temps.

Se griser sans se saouler. Savourer sans se goinfrer. La liste est longue, sauf que la vie est trop courte, alors autant se presser. 

“You don't stop laughing when you grow old, you grow old when you stop laughing.” 

George Bernard Shaw

Les anniversaires   font plaisir. Les cadeaux et les souhaits qu’on y reçoit  égaient la vie et la rendent souriante. Ne vous privez pas de les souhaiter heureux et joyeux  à ceux que vous aimez , d’ accompagner vos vœux de bisounets tendres et affectueux ,  de les piqueter de fleurs, et de les arroser  de mots sincères,  loin des clichés.

A tous  ceux qui m’ont rendu mes cinquante-sept ans utiles, merci.

A toutes celles et ceux qui m’ont souhaité le meilleur, merci.  

 

 

Jean-Marie Kassab

 

 

 J’aime ces poètes qui n'ont pas besoin d’encre et qui plongent leur plume dans un clair de lune pour éclairer nos nuits.

J’aime ces mamans qui mitonnent  des galets dans leurs casseroles  mais vous servent ensuite un cassoulet.

J’aime ces papas en voyage qui fourrent leurs valises de jouets tout en pensant à la cravate dont ils  avaient envie mais n’eurent pas le courage d’acheter.

J’aime ces hommes qui  tendent leur main aux autres, aspirent   leur peine  pour la transformer en   un air du large en exhalant.  

J’aime ces femmes qui  parfument leur passage, et peignent nos  yeux du rouge de leurs lèvres.

J’aime ces enfants qui gambadent et dont les cheveux volent au gré d’une farandole.

J’aime ces vieux  qui ont un air de livre d’histoire écorné ,mais à  feuilleter leurs pages on n’y trouve  que Tintin et Milou.

J’aime ces musiciens qui confondent les rondeurs de leur guitare espagnole  avec les  hanches de leur bien-aimée, et lui font l’amour dans un recoin des Jardins d’Alhambra.   

(Clicker pour vous  y promener  en musique )

J’aime ces génies qui d’une pomme reçue sur  la tête  font un monde d’idées.

J’aime ces hommes de science hirsutes qui connaissent l’univers comme leur poche trouée.

 J’aime tous ces gens qui croisent notre route,  et qu’il suffise de les suivre pour trouver son chemin.

J’aime ces hommes soleils et ces femmes lunes  qui d’un seul sourire convertissent  les ténèbres  d’une ruelle sombre  en lumière et éclairent nos pas comme des lampions.

J’aime ces guérisseurs  qui soignent les  âmes des malades et dédaignent les petits bobos du corps en lançant : Na ! C’est rien ... Tout en pensant le contraire.

J’aime ceux qui savent dire juste merci, mais qui vous aiment pour la vie pour ce que vous leur avez fait.

J’aime ceux à qui on doit tout mais se contentent d’un remerciement muet.

J’aime tous ceux-là, en espérant qu’un jour ils puissent  m’aimer.

Jean-Marie Kassab

 

 

 

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