Critiques – Articles

 

Traveling arrière… through "Les Yeux d’Astrid!" - (Marie-Christine Tayah)

It’s through beauty that one sees the ugliness of what was not, through new encounters that one filters the old companions, through a virgin shore that one lets go of memories flows. It’s through crystal clear laughter that one gets to the essence of life throughout its materialistic overwhelming challenges, through cotton clouds that one visualizes across the blessed memories of a little girl, the meaning of life… and death. Through calm ones assesses the midst of chaos. Through an unknown person’s eyes, one sees one’s soul.

Jean-Marie Kassab’s new novel, ‘Les Yeux d’Astrid,’ takes whomever reads it on a flying carpet, throughout the longest journey one could ever have, the one with oneself. Words and thoughts, revealed in bits and pieces, like a woman unwrapping her soul, transport us into a different dimension… A three-dimensional comprehension of the human being, in all its in-depth marvels and abhorrence, its blessings and its curses. So many lives in two… one, reduced to nothing but some sayings, and then thoughts. Thoughts that undress all taboos and prejudgments, and get to the very core of being.

Jean-Marie Kassab’s novel goes beyond what is seen and heard and takes us on a soulful –not to say mystical human trip, so that his readers look in the face every single thing they have accomplished or regretfully done, -be it unconsciously or not, as he reconnects them with the children they once were, back in a time where they used to understand the real meaning of everything.

A book beyond looks. 

 

Astrid, sur une plage abandonnée. (Fifi Abou Dib)

Quand le virus de la littérature vous taraude, il vient toujours un moment, à la faveur d’une rupture de la routine, où l’on prend le temps de s’y adonner. Ce fut le cas pour Jean-Marie Kassab, homme de sciences doublé d’un philosophe, politologue et historien, qui livre avec «Les yeux d’Astrid» (Persée, 2015) son premier roman. Par F.A.D.


En couverture, une jeune femme apprêtée, cachée derrière des lunettes noires, pourrait suggérer qu’il s’agit d’une histoire d’amour. Mais on peut, sans trahir l’auteur ni priver le lecteur du plaisir de cheminer vers le dénouement, révéler qu’il ne s’agit pas tout-à-fait d’un roman à l’eau de rose. Un conte moral plutôt, une fable intemporelle et contemporaine, émaillée de citations qui invitent une sagesse immémoriale dans le déroulement du récit. 

Tout commence par un portrait à l’eau forte d’un homme d’affaires comme il en existe des dizaines de milliers de par le monde : obsédé par le profit, excité par les défis, se trompant sans cesse de priorités. Francis a subi toute son enfance et une bonne partie de sa jeunesse l’autorité d’un père exigeant. A force de refoulements, il a fini par occulter sa sensibilité, transformé en machine à générer du business. A travers son personnage, Jean-Marie Kassab règle son compte à une engeance de magnats insatiables et superficiels dont chaque geste, fût-il généreux, est inscrit sous le signe de la rentabilité.

Francis rappelle sans peine le « Businessman » du Petit Prince. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, confronté à une faillite qu’il n’a pour la première fois ni le courage ni l’envie de redresser, il erre sur une plage déserte, envisageant le suicide. Et y rencontre la fameuse Astrid, rose quelque peu épineuse qui le renvoie à ses vraies valeurs et lui ouvre les yeux sur celles qu’il a négligées. 

Ce passage par le désert, réel ou virtuel, nécessaire à tout changement de vie, se transforme dans le récit de Kassab en une séance de psychanalyse involontaire où le protagoniste met son âme à nu devant une parfaite inconnue et finit par trouver seul la voie de son salut. 

On n’en dira pas plus. Kerouac, Paul Williams, Pablo Neruda, Oscar Wilde, Camus, Sun Tzu et bien d’autres conduisent le fil de ce récit plaisant qui tourne autour d’une question centrale : «Êtes-vous un homme riche ?». A chacun d’y apporter sa réponse et de s’offrir ou pas sa seconde chance.

 

Les yeux d’Astrid, Jean-Marie Kassab (Audrey)

 

J’ai été sélectionnée pour recevoir Les yeux d’Astrid de Jean-Marie Kassab dans le cadre d’une opération spéciale Masse critique. Je remercie donc les Éditions Persée et Babelio pour cette réception.

La maison d’édition vous propose de lire un extrait gratuit d’une quinzaine de pages.

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Victime d’un père autoritaire, Francis, travailleur acharné devenu millionnaire fait récemment faillite. En instance de divorce de surcroît, le cumul des problèmes le mène au désespoir. Envisageant pour un moment le suicide, il se retrouve au hasard des routes face à face sur une plage déserte avec une inconnue prénommée Astrid.

À travers quelques questions judicieuses, Astrid ouvre les yeux de Francis, l’aide à identifier ses problèmes réels et à poursuivre sa quête du bonheur pour retrouver la joie de vivre qui était en fait à portée de main. Leur débat prend la forme d’une vraie leçon de vie.

Les dernières pages du récit réservent au lecteur des développements inattendus.

 

La découverte de Francis…

Le livre est scindé en plusieurs petits chapitres ce que je trouve plutôt pratique pour ce genre d’ouvrage qui peut nous amener à nous poser des questions. Cela m’a permis de ne pas enchaîner les chapitres comme avec une histoire classique. J’ai ainsi pris le temps, que ce soit quelques secondes ou quelques minutes, de réfléchir et de revenir sur les pages lues.

A travers les premiers chapitres, on découvre Francis et toute sa souffrance, celle d’un père, celle d’un mari qui a laissé le diktat de l’argent prendre toute la place dans sa vie au détriment de sa famille. L’auteur a su, sans long discours, partager les regrets de Francis avec le lecteur. On ressent parfaitement sa peine. A cet égard, j’ai trouvé assez dur le chapitre intitulé « Photos » où notre personnage constate, à travers la consultation des albums photos, son absence dans la vie de ses proches.

Francis est sans complaisance vis-à-vis de ses manquements ce que j’ai apprécié. J’aurais été assez agacée par quelqu’un, à la manière d’un Jean-Jacques Rousseau, qui aurait passé son temps à se justifier et à se trouver des excuses.

Au fil des pages, l’ombre du père du personnage commence à planer et l’on devine son rôle dans la vie de Francis. Sans être un bourreau, on comprend qu’il lui a offert la sécurité matérielle à défaut d’une sécurité émotionnelle et affective ou du moins, c’est ainsi que le perçoit Francis. On se rendra néanmoins compte au cours de la lecture que les apparences sont parfois trompeuses et que les non-dits peuvent être lourds de conséquence…

« Cet homme m’avait gravé comme un sculpteur taille dans la pierre suivant l’image qu’il se faisait de lui-même, mais omit au dernier instant d’y souffler une âme. Oubli ou préméditation, je ne le saurai jamais. »

 

L’arrivée d’Astrid…

J’ai été surprise de ne voir arriver Astrid qu’à la moitié de l’ouvrage. Le quatrième de couverture m’avait plutôt donné l’impression qu’elle serait partie prenante du livre dès les premières pages… Ce n’est au final pas un problème, puisque nous avons pris le temps de connaître Francis, mais cela n’en demeure pas moins une source d’étonnement.

J’avoue avoir eu du mal à apprécier les premiers propos échangés entre notre protagoniste et la nouvelle venue. Ces échanges m’ont semblé peu naturels voire surjoués surtout en comparaison des premiers chapitres marquant, en quelque sorte, une période d’introspection pour Francis.

J’ai toutefois réussi à passer outre cet inconvénient pour apprécier la conversation qui s’est nouée spontanément entre les deux protagonistes. Le fait que notre personnage s’épanche aussi facilement et rapidement auprès d’une inconnue ne m’a pas paru incongru surtout dans le contexte du livre.

« Conscient de mon incapacité à soulager cet être poignardé dans son cœur, mes seules interventions se résumaient à un tapotement amical sur l’épaule ou bien à lui offrir une boîte de mouchoirs  pour sécher ses larmes. Il ne voulait pas plus.  Je ne pouvais lui offrir mieux. « 

 

Un texte qui permet de se poser des questions

Les yeux d’Astrid peut sembler, de prime abord, très simple voire trop simpliste. Ce serait cependant négliger le fait que derrière l’histoire de Francis, l’auteur soulève différentes questions qui ne peuvent qu’inciter le lecteur à prendre le temps de réfléchir, chose parfois difficile dans une vie au rythme effréné.

A travers le livre se pose notamment la question du bonheur. Jean-Marie Kassab ne vous en donne pas une définition clef en main qui, de toute manière, serait dépourvue de sens tant cette notion est propre à chacun. Il a préféré vous amener, petit à petit et en délicatesse, à vous interroger sur votre propre conception du bonheur grâce à l’histoire de Francis et de sa rencontre avec Astrid. Cette dernière va lui faire entrevoir (et à la fin de votre lecture vous apercevrez tout le paradoxe de la situation), des vérités face auxquelles il est resté bien trop longtemps aveugle.

 

NOTE : 4/5

 

AUTEUR (informations du site de l’éditeur)

Jean-Marie Kassab est né en 1960 au Liban. Diplômé en sciences de l’Université Américaine de Beyrouth, et après une longue carrière dans différents domaines, il décide de se consacrer à son premier amour, la littérature, sous ses diverses formes. Ses écrits allient à l’unisson science et philosophie, politique et histoire. Curieux de tout, son expérience de vie donne à ses récits de la profondeur, du recul et beaucoup de chaleur.

En résumé, Les yeux d’Astrid est un livre rapide à lire que je vous conseille autant pour le fond que la forme. Vous pouvez simplement vous laisser bercer par l’histoire de Francis et apprécier le style de l’auteur aussi élégant qu’agréable à lire. Ou vous pouvez profiter de votre lecture pour réfléchir aux questions, notamment sur le bonheur, que la vie de Francis et sa rencontre avec Astrid soulèvent.

Pas tout à fait un roman, pas tout à fait un livre de développement personnel ou un « feel good book », Les yeux d’Astrid est le genre de livre que l’on peut relire à différents moments de sa vie afin d’y trouver, si ce n’est des réponses, des pistes de réflexion, des éléments nouveaux ou tout simplement, un peu de réconfort.

 

Les yeux d’Astrid – Jean-Marie Kassab (lacuriositenestpasunvilaindefaut)

 

Quatrième de couverture :

Victime d’un père autoritaire, Francis, travailleur acharné devenu millionnaire fait récemment faillite. En instance de divorce de surcroît, le cumul des problèmes le mène au désespoir. Envisageant pour un moment le suicide, il se retrouve au hasard des routes face à face sur une plage déserte avec une inconnue prénommée Astrid.

À travers quelques questions judicieuses, Astrid ouvre les yeux de Francis, l’aide à identifier ses problèmes réels et à poursuivre sa quête du bonheur pour retrouver la joie de vivre qui était en fait à portée de main. Leur débat prend la forme d’une vraie leçon de vie.Les dernières pages du récit réservent au lecteur des développements inattendus.

Jean-Marie Kassab est né en 1960 au Liban. Diplômé en sciences de l’Université Américaine de Beyrouth, et après une longue carrière dans différents domaines, il décide de se consacrer à son premier amour, la littérature, sous ses diverses formes.

Ses écrits allient à l’unisson science et philosophie, politique et histoire. Curieux de tout, son expérience de vie donne à ses récits de la profondeur, du recul et beaucoup de chaleur.

Pourquoi je l’ai lu :
Parce que Babelio me l’a offert et que ces livres où une personne ouvre les yeux sur sa vie me plaise toujours beaucoup.

Ce que j’en ai pensé :
Bien justement j’ai eu du mal à le savoir.

Le roman est très bien écrit. La plume de Jean-Marie Kassah est belle, poétique, imagée, elle se dévore facilement tout en comblant votre âme de lecteur. Le récite, à la première personne, nous ai fait par Francis. Il nous raconte sa vie, ses erreurs, sa déchéance, et sa rencontre avec Astrid. Puisqu’on voit les événements par ses yeux à lui, Astrid semble lointaine, un peu bizarre même, oscillant entre compréhension et mépris. On retrace avec eux la vie de Francis, ses joies mais surtout ses ratés, sa vision complètement fausse de la vie et de ce qui est important. Astrid se livre un peu elle aussi. Elle va servir de révélateur, montrer à Francis que sa vie n’est pas si catastrophique que ça.

Quand j’ai refermé ce livre, je ne savais pas si j’avais apprécié le livre ou pas. J’ai attendu quelques jours avant de me mettre devant mon clavier. Le temps de comprendre pourquoi. Et je pense avoir trouvé. On vous présente le livre comme une rencontre qui ouvre les yeux de Francis. En réalité, avant d’arriver devant Astrid, Francis a déjà identifié presque tous ses problèmes. Il a déjà compris qu’il avait pris la vie de travers, qu’il avait échouer à comprendre ce qui était vraiment important. Ça, il le sait déjà. Astrid ne lui apprend presque rien. Résultat, en fermant le livre, j’ai pensé qu’Astrid ne servait à rien, qu’elle n’était qu’un procédé littéraire.

Mais je me trompais. Astrid va effectivement changer la vie de Francis. Car même si Francis a en effet identifié ce qui pose problème dans sa vie, il est complètement démunie face à cela. Contrairement à ce qu’il m’avait paru au premier abord, Astrid n’est absolument pas artificielle. Elle est essentielle.

Mais le plus simple pour comprendre, c’est encore que vous le lisiez mes P’tits curieux !

 

 

الحياة  - ٦ يناير/ كانون الثاني ٢٠١٦ - كاتيا الطويل

 

في روايته بالفرنسيّة «عينا أستريد» (Les yeux d’Astrid، Les Editions Persée ،2015) ينتقل الكاتب اللبنانيّ جان ماري كسّاب بقارئه إلى شاطئ ذهبيّ الرمال دافئ، هو وجهة مثاليّة لميليونير يهرب من حياته، من فشله، من إفلاسه، من ماضيه، من ذكرياته، من وجه والده القاسي، من زوجته التي تطلب الطلاق، من ولديه اللذين اختارا البقاء إلى جانب أمّهما على ملازمته في سقوطه. رجل واحد ومئات الخسارات، مئات الوجوه الشامتة والذكريات القاتلة والخسائر العاطفيّة الفادحة. فما كان القارئ ليتوقّع أن يجد مليونيرٌ خلاصه على شاطئ منعزل تستحمّ رماله تحت خيــوط الشمـس، ما كان ليظنّ أنّ جــنون الكسب والغزو والظـــفر قد تـــروّضه امرأة مستلقية بهدوء وأمواج البحر تتلاطم عند قدميها، مــــا كان ليتخيّل أنّ عينين محتـــجبتين تحت نظّارات شمس سود قد تنــقذان رجلاً من رصاصة حملها في جيبه وسار بها لتوصله إلى الموت

ويتعرّف قارئ كسّاب إلى المليونير المتكلّم بصيغة الـ «أنا»، يتعرّف إلى فرنسيس واتسون، رجل خمسينيّ احترف اتّخاذ القرارات الاقتصاديّة الصعبة، امتهن الاستثمار في الناس ومضاعفة أرباحه، اعتاد الانتقال من اجتماع إلى آخر والفوز في الاجتماعات كلّها. لكنّ مصائب فرنسيس ليست اعتباطيّة، وفشله ليس لعنة ولا عجلة حياة تبرم برمتها، مصائب المليونير فرنسيس واتسون مصائب رجل سار إلى الهاوية بقدميه، سار إلى الجحيم وهو يتوقّع الاحتراق بنارها بين اليوم والآخر

ففي ظلّ تكديسه المتهوّر للملايين في حساباته المصرفيّة، في ظلّ ضخامة المليونير المتمتّع بصيت «الثعلب» في أوساط رجال الأعمال، كان السيّد فرنسيس غافلاً عن خساراته العاطفيّة والعائليّة والإنسانيّة. فهو الذي يقلّب صور عائلته لا يقع على صورة واحدة لنفسه، هو الذي يبحث في ذاكرته عن أهمّ اللحظات في حياة ولديه لا يجد سوى بقايا أخبار كانت تصله عبر زوجته، هو الذي ينظر حوله في لحظة إفلاسه يجد أنّه وحيد. كان دومًا وحيدًا في عزلة فرضها على نفسه، في عزلة فرضتها عليه وتيرة حياته وأعماله وملايينه. فرنسيس مليونير مفلس وحيد، مليونير سقط من على عرشه ووجد نفسه جالسًا على شاطئ متوهّج إلى جانب امرأة ملتحفة بنظّارات سود، لا هي تنظر نحوه ولا هي تحاكمه، هي امرأة مرآة، امرأة تذكّره بإنسانيّته، بنفسه الهاربة التي هشّمتها الملايين

ثلاثة أشياء صغيرة بارزة متعلّقة بشخص فرنسيس الراوي تلفت القارئ ويتمكّن الكاتب من توظيفها في شكل متقن. الغرض الأوّل هو الهاتف النقّال الذي يقرّر فرنسيس رميه في السيارة والتوجّه إلى الشاطئ من دونه، هو الذي عاش سنوات حياته متعلّقًا بهاتفه الذي يصله بموظّفيه وشركائه في مختلف أنحاء العالم. يلعن فرنسيس هاتفه ويلقيه في السيارة ويسير نحو حتفه من دونه، يسير نحو الانتحار بصمت الوحدة التي كانت تسكنه منذ سنوات من دون أن يعلم لشدّة انشغالاته. وكأنّ فرنسيس قرّر قطع آخر صلة تربطه بعالمه السابق، عالم الأعمال والمال والدَّيْن. وكأنّه عندما أشهر إفلاسه خلع عن نفسه المادّيّات والانشغالات وسار عاريًا إلى شاطئ الحياة الأوّل، فالماء رمز الولادة من رحم الأمّ، أصبح رمز ولادة ثانية من رحم البحر بعيدًا من قشور الحياة ومادّيتها وتصنّعها

أمّا الغرض الثاني فهو المسدّس الذي يحمله فرنسيس في جيبه والذي يكتشف القارئ في الفصل الثاني من الرواية كيف تلقّاه البطل في قصّة تستحوذ على مساحة فصل كامل. فهذا المسدّس الذي تلقّاه هديّة لمناسبة عيد مولده الخمسين تحوّل إلى نوع من الهديّة اللعنة التي ستسبّب الهلاك لصاحبها. لكنّ هذا المسدّس رمز الموت عمومًا ورمز الانتحار في حالة فرنسيس تحوّل إلى رمز حياة، فهو كان شاهدًا على ولادة جديدة لصديق فرنسيس وشاهدًا على ولادة جديدة لفرنسيس نفسه

ويبقى الغرض الثالث هو علبة السجائر التي يشتريها فرنسيس وينساها في جيبه ويخبر قارئه في فصل كامل عن الحادثة التي حصلت معه عندما اشتراها. اشترى فرنسيس السجائر في فورة غضب وألم وخسارة، اشتراها لضعف عاطفيّ وعندما وصل إلى الشاطئ وعرض على أستريد أن تدخّن معه سيجارة رفضت لأنّ الوقت لم يحن لها بعد قائلة إنّها قد تتناول سيجارة في ما بعد ربّما. لكنّها لا تدخّن معه بل تتحوّل إلى بديل عن السجائر هي التي تُزيح عن كاهل فرنسيس ثقل همومه

وفي مقابل هذه الأشياء الثلاثة، شيء واحد يتعلّق بأستريد ويلفت فرنسيس والكاتب والقارئ أكثر ما يلفتهم: نظّارات أستريد السود الضخمة التي تحجب عينيها ووجهها. نظّارات كبيرة تشكّل أحجية لفرنسيس الذي يعجز عن رؤية عيني أستريد وتعابير وجهها. ففي مقابل هشاشة الأشياء المتعلّقة بفرنسيس من هاتف إلى مسدّس فسجائر، تظهر النظّارات السوداء متينة متماسكة مخيفة، فهي مصدر الإجابات الوجوديّة المريحة، وهي رمز الأمان والثقة والحياة. وبذلك تتحوّل البطولة من فرنسيس المتكلّم الدائم في هذه الرواية إلى أستريد ونظّاراتها التي تحرّك السرد وتشكّل أجمل مفاجآت الخاتمة وعنصرًا أساسيًّا على صفحة الغلاف نفسها

فالقارئ الذي يتوقّع أن يكون فرنسيس هو البطل، يجد أنّ اختيار اسم أستريد ليحتلّ عنوان الرواية أمرًا مبرّرًا، واختيار وجه امرأة ذات نظّارات ليحتلّ غلاف الرواية ليس عبثيًّا ولا اعتباطيًّا، فالبطلة هي المرأة: هي محرّك السرد ومخلّص الراوي. فتستعيد بذلك المرأة عند الكاتب اللبنانيّ كسّاب دورها الأوّل وتتجسّد أمًّا وملاذًا ومربّيًا وملجأ للرجل مهما علا شأنه وكثرت ملايينه وتعدّدت سنواته. تتجسّد المرأة إلى جانب البحر، المربّي الأوّل والرحم الأوّل والملجأ الأوّل

واللافت أنّ الرواية المكتوبة بالفرنسيّة في الأساس، دخلها شيء من الإنكليزيّة والألمانيّة ما جعلها أكثر إثراءً لقارئها. إضافة إلى عدد من أبيات الشعر أو الجمل المنتقاة من النثر العالميّ التي وردت أوّل بعض الفصول أو آخرها، فشكّلت محطّة فكريّة تمهيديّة جميلة. والرواية متينة السبك قائمة على خمسة وعشرين فصلاً تنتهي بفصل أخير عنوانه «عينا أستريد» تتبعه ثلاثة فصول أحدها بلسان فرنسيس

والاثنين الأخيرين هما رسالتان. ولكلّ فصل من هذه الفصول الذي لا يتخطّى الثلاث أو الأربع صفحات عنوان خاص به

ويبقى عنوان واحد هو أكثر عناوين الفصول تميّزًا وتوهّجًا وهو الذي شكّل جوهر الرواية ومبحث شخصيّاتها كلّهم وهو عنوان الفصل الحادي عشر: إلى أين تراها ذهبت السعادة؟ (Mais où est donc passé le Bonheur)

«عينا أستريد» رواية الإنسان الغارق في بحور المال والمادّيّة، رواية الثريّ التعيس الذي لم يكتشف معنى حياته إلاّ عندما خسر ملايينه، رواية الطفل الذي لم يحبّ المال يومًا إنّما أراد أن يثبت نفسه، أن يبرهن لأبيه أنّه قادر على الفوز والانتصار والظفر. فيقول فرنسيس: «كان تكديس المال آخر همٍّ لديّ، وحده الظفر كان يعنيني.» (ص 32). ويخطئ من يظنّ أنّ الكاتب أراد أن يبرهن أنّ المال لا يشتري السعادة، يخطئ من يرى في هذه الرواية رواية ذات بعد اجتماعيّ تعليميّ على هذه البساطة. فرواية كسّاب محفوفة بالإشارات الأدبيّة والثقافيّة من كونديرا إلى فاوست إلى كامو ففان غوغ
وسعديالشيرازي وغيرهم. هي رواية الإنسان الباحث دومًا و أبدًا عن الوقت الضائع، عن السعادة، عن النجاة من الأفخاخ التي تنصبها الحياة للغنيّ والفقير على حدّ سواء

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