Thème - Philosophie Grecque

Title
samedi 06 mai 2017,
Jean Marie Kassab
mardi 15 novembre 2016,
lundi 07 novembre 2016,

 

Le mythe de la caverne est une allégorie qui illustre la situation des hommes par rapport à la vraie lumière, c’est-à-dire par rapport à la vérité…. 

 

Supposons des captifs enchaînés dans une demeure souterraine, le visage tourné vers la paroi opposée à l’entrée, et dans l’impossibilité de voir autre chose que cette paroi. Elle est éclairée par les reflets d’un feu qui brûle au dehors, sur une hauteur à mi pente de laquelle passe une route bordée d’un petit mur.

 

Derrière ce mur défilent des gens portant sur leurs épaules des objets hétéroclites, statuettes d’hommes, d’animaux, etc...

 

De ces objets, les captifs ne voient que l’ombre projetée par le feu sur le fond de la caverne. De même, ils n’entendent que les échos des paroles qu’échangent les porteurs. Habitués depuis leur naissance à contempler ces vaines images, à écouter ces sons confus dont ils ignorent l’origine, ils vivent dans un monde de fantômes qu’ils prennent pour des réalités.

 

Soudain, l’un d’entre eux est délivré de ses chaînes et entraîné vers la lumière. Au départ, il en est tout ébloui. La lumière du soleil lui fait mal, il ne distingue rien de ce qui l’entoure. D’instinct, il cherche à reposer ses yeux dans l’ombre qui ne le blessait pas. Peu à peu, cependant, ses yeux s’accoutument à la lumière, et il commence à voir le reflet des objets réfléchis dans les eaux. Plus tard, il se sent prêt à en affronter la vue directe. Enfin, il deviendra capable de soutenir l’éclat du soleil.

 

C’est alors qu’il réalise que sa vie antérieure n’était qu’un rêve sombre, et il se met à plaindre ses anciens compagnons de captivité. Mais s’il redescend près d’eux pour les instruire, pour leur montrer le leurre dans lequel ils vivent et leur décrire le monde de la lumière, qui l’écoutera sans rire, qui donnera surtout créance à sa révélation ? Les plus sages eux-mêmes le traiteront de fou et iront jusqu’à le menacer de mort s’il s’obstine.

 

On distingue sans peine la signification de cette allégorie. La caverne est le monde sensible dans lequel nous évoluons, le symbole de toutes les dictatures, visibles comme invisibles. Nous sommes enchaînés dans cette caverne, esclaves de nous-mêmes et de notre éducation. La lumière est au dehors, mais il faut du courage pour la rejoindre, supporter la souffrance et la peur pour affronter la vérité. Nous devrons parcourir le sentier, qui est celui de la philosophie, pour espérer entrevoir la lumière.

 

Cependant le philosophe, s’il est de son devoir de partager son savoir, aura du mal à le faire accepter par ceux qui sont restés dans la caverne. C’est pourquoi il est souvent rejeté. Il pourra dire ce qu’il a vu (et donc compris), mais il ne pourra jamais totalement décrire le chemin par lequel il est passé. L’apprenti philosophe doit donc entendre et accepter, à travers ce mythe, que sa vision du monde est une illusion, car basée sur des a priori, et qu’il doit sortir de la caverne pour se mettre réellement en quête de la vérité. Pour cela, il doit faire preuve d’humilité, appliquer la politique de la table rase, en oubliant ce qu’il a vu dans la caverne.]

Gaëlle Sartre Doublet 

 

 

J’entame ici  même une série d’articles qui traiteront de philosophie, sujet sans doute aride et ennuyeux pour nombre d’entre vous d’où mon inquiétude de pouvoir  mener à bien cette mission delicatissime .. 

Il est vrai que la philosophie a cette mauvaise réputation d’être glauque. Réputation justifiée en certains cas  surtout quand les philosophes qui se prennent au sérieux  nous gratifient souvent de textes incompréhensibles sous prétexte d’être « profonds ». Et de fait ils sont tellement profonds qu’une fois dedans on ne s’en sort plus.

 Mais  discuter philosophie avec facilité n’est pas une gageure impossible. Défi largement gagné par Jostein Gaarder avec son roman « Le monde de Sophie » qui fut publié en de très nombreuses  langues et imprimé en millions de copies. Il en écrivit plein d’autres mais le Monde de Sophie demeure son opus magnum. 

  

 

Le monde de Sophie
Le monde de Sophie

Suivre la démarche géniale  de Gaarder pour parler philo me semble être le meilleur moyen de m’en tirer . En fait, pourrait-on faire mieux que cet intellectuel  norvégien ? 

Gaarder enfila la peau de quelqu’un de très futé, un certain Alberto Knox. Personnage,  aimable, adorable, espiègle à souhait, Gaarder le mandata pour enseigner la philosophie à la jeune Sophie.  Bien que le Liban ne soit pas le nombril du monde ( sauf que les Libanais pensent le contraire), ce petit pays  a pu trouver sa place dans ce roman magnifique : Le papa de Sophie faisait  partie de la Force de l’ONU stationnée au sud du pays. Sympa non ? 

Le livre est carrément un bijou de lecture. Même le choix des noms est astucieux. Philo-sophie ! Ça vous dit quelque chose ? Philien , du grec ancien  qui veut dire  « aimer » ; et de Sophia voulant dire  « sagesse ») et qui  signifie littéralement : « l'amour de la sagesse ». Encore plus subtil serait le choix de « Knox » pour le maitre. Fort Knox est bien le lieu où les américains stockent leur or et pour ainsi une grosse partie de l’or de la planète.  Comme si Gaarder voulait dire que son Alberto Knox possédait la majorité du savoir humain. 

Mais en somme c’est quoi la philosophie ? Question  difficile à répondre mais que la perspicacité de Gaarder résolut d’un coup de maitre en utilisant un seul mot : L’étonnement. Pour Gaarder , la philosophie est la science de l’étonnement. Et c’est tellement vrai car tout commence par le doute ou plutôt par poser des questions sur tout. 

« Qui es-tu » fut la première question que posa Alberto Knox dans sa première lettre à Sophie.  Question énorme.

Qui sommes-nous tous ? 

A suivre

 

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